dimanche 12 avril 2015

Le génocide voilé: Enquête historique

Le génocide voilé: Enquête historique
Le génocide voilé: Enquête historique

Les Arabes ont razzié l'Afrique subsaharienne pendant treize siècles sans interruption. La plupart des millions d'hommes qu'ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains. Cette douloureuse page de l'histoire des peuples noirs n'est apparemment pas définitivement tournée. La traite négrière a commencé lorsque l'émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d'esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d'une énorme ponction humaine qui devait s'arrêter officiellement au début du XXe siècle.

L'anthropologue et économiste Tidiane N'Diaye est l'un des grands spécialistes des civilisations négro-africaines et de leurs diasporas. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur ce sujet. 

vendredi 10 avril 2015

Le Coran: texte arabe et traduction française par ordre chronologique

Le coran
Le Coran par ordre chronologique

Comme la Bible ou les Védas, le Coran appartient au patrimoine spirituel et intellectuel de toute l'humanité.
Il est un des quelques rares grands textes fondateurs d'universalisme, qui ont permis à de nombreuses sociétés de se construire et de grandir. Considéré par les musulmans comme unique et inimitable, le livre saint de l'islam n'a pas cessé, depuis quatorze siècles, de nourrir la vie de centaines de millions de croyants. Pour les fidèles de l'islam, ce livre est la pure Parole de Dieu délivrée à l'humanité, et sa seule existence permet de rendre immédiatement présent aux hommes le Seigneur des mondes.
Un musulman, bien entendu, ne peut pas ignorer le Coran, source toujours vivante de sa foi. Mais un non musulman le peut-il? D'aucuns peuvent le croire, mais c'est à tort. Dans un monde devenu de plus en plus réduit du fait du développement des moyens de communication, un monde de grands brassages humains, ce qui constitue fondamentalement les autres ne peut pas nous indifférer car, désormais présents dans notre environnement immédiat, ces autres influent inévitablement sur ce que nous vivons et sur ce que nous sommes et devenons. Alors que l'islam, en ce début du vingt et unième siècle, réunit, à égalité avec le christianisme, environ un quart de toute l'humanité, le Coran peut difficilement rester un inconnu pour n'importe quel honnête homme.
Voici une nouvelle version française du texte coranique: celle que nous offre aujourd'hui l'universitaire suisse d'origine palestinienne Sami Aldeeb Abu-Sahlieh. Elle est l'oeuvre d'un Arabe chrétien, pour qui la langue du Coran fait partie de son héritage, puisque la langue arabe classique a pour matrice le livre saint de l'islam. Depuis son enfance en Cisjordanie, dans le village majoritairement chrétien de Zababdeh, Sami Aldeeb a eu les oreilles remplies des appels à la prière des muezzins, et la musique du Coran psalmodié a accompagné sa jeunesse presque à l'égal des mélodies religieuses chrétiennes. Le fils de paysan aurait pu devenir prêtre (un de ses frères l'est), mais l'enchaînement des circonstances l'a conduit en Suisse où il est devenu un juriste, responsable du droit arabe et musulman à l'Institut suisse de droit comparé de Lausanne, et professeur invité dans différentes universités. Travailleur infatigable, auteur de plusieurs ouvrages remarqués et de très nombreux articles, Sami Aldeeb est également un intellectuel engagé, un homme qui ne craint pas d'intervenir dans le champ public pour interpeller l'opinion, poser des questions, défendre la dignité de l'homme. Il se montre, notamment, un adversaire résolu de la peine de mort.
La traduction que publie Sami Aldeeb fera certainement débat. Elle se distingue, en effet, des éditions habituelles du Coran par le choix de son auteur de présenter le texte coranique non pas dans l'ordre qui est celui des éditions canoniques, mais dans l'ordre qui aurait été celui de la révélation reçue progressivement par le prophète Mahomet.

mercredi 8 avril 2015

Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident

Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident
Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident

Connue depuis la publication de son essai Ma vie à contre-Coran (VLB éditeur), en 2009, elle a vécu de l'intérieur l'islamisme politique qu'elle dénonce. Au milieu des années 1990, elle a dû quitter l'Algérie. Le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes le port du voile. De nombreuses résistantes ont été exécutées. Condamnée à mort parce que femme, féministe et laïque, Djemila Benhabib a choisi ce jour-là de se battre.

Farou­chement opposée au port du voile, elle profite de toutes les tribunes pour répéter ce message : l'islam politique est une idéologie d'extrême droite qui prône la fusion entre l'islam et l'État. L'islam devient religion et État à la fois, et la charia tient lieu de Constitution. Or, cette charia se fonde sur la supériorité du musulman sur le non-musulman et sur la supériorité de l'homme sur la femme.

Dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, l'essayiste prend de nouveau la plume pour affirmer que l'Occident est en voie de perdre sa bataille contre l'islamisme politique. «Cette idéologie totalitaire est en train d'agir sur l'organisme planétaire comme un abcès qui, peu à peu, gangrène ses principaux membres ! » affirme-t-elle.

Dans la dernière partie de sa démonstration, Djemila Benhabib s'intéresse plus particulièrement au Québec. Elle revient sur l'empoignade au sujet du voile islamique. Elle dénonce avec vigueur la décision de la Fédération des femmes du Qué­bec (FFQ), en mai 2009, d'appuyer le port du voile islamique par les employées de la fonction publique québécoise, écorchant au passage Québec solidaire. «J'étais à mille lieues d'imaginer le basculement de la FFQ, son extrême vulnérabilité face à des forces islamistes bien organisées et structurées, j'étais à mille lieues de soupçonner son déclin programmé ainsi que son instrumentalisation par Québec solidaire», écrit-elle. De la dynamite ! L'auteure s'en prend avec tout autant de véhémence à la ministre de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, qui s'est rangée à la position de la FFQ.

mardi 7 avril 2015

L'Islam des interdits

L'Islam des interdits
L'Islam des interdits

Dans les débats actuels sur l'Islam, la question des interdits et des blocages à l'égard de la modernité revient de manière permanente. Il est souvent de bon ton de distinguer un islam ouvert, pacifique et compatible avec la modernité, d'un islamisme intégriste, mettant en valeur une approche intolérante de la foi. Mais cette distinction est-elle pertinente ? Ne relève-t-elle pas d'abord d'une attitude " politiquement correcte ", qui évacue tout débat de fond, au détriment des évolutions nécessaires ? A travers un propos incisif, Anne-Marie Delcambre montre que nombre d'interdits ou de blocages actuels de la religion musulmane ne sont pas seulement des dérives intégristes mais font partie intégrante de l'Islam lui-même. Bien des éléments de ces interdits se retrouvent en effet dans le Coran ou dans la tradition la plus établie. Ainsi du statut discriminatoire des juifs et des chrétiens, de l'appel à la guerre sainte voire au meurtre, de la place des femmes, du regard non critique et non historique sur les textes fondateurs, de la place assignée au Prophète... Cet examen lucide est indispensable pour engager aujourd'hui un dialogue authentique avec l'Islam.

lundi 6 avril 2015

Insoumise

Ayaan Hirsi Ali
Insoumise

Député libérale néerlandaise, d'origine somalienne, musulmane, Ayaan Hirsi Ali, à l'instar de Salman Rushdie en son temps, est menacée de mort par les fondamentalistes hollandais. Son crime: la dénonciation des dérives de l'islam.Fuyant un mariage arrangé, Ayaan Hirsi Ali, alors âgée de vingt-deux ans, s'exile aux Pays-Bas où elle étudie dans les meilleures écoles pour s'engager en politique. Chacune de ses interventions dans les médias fascinent ou irritent car elle dénonce inlassablement la position qu'en Europe de l'Ouest comme dans les pays arabes l'islam réserve aux femmes. Depuis l'assassinat du cinéaste Théo Van Gogh avec qui elle avait réalisé "Submission", un court-métrage sur une femme voilée battue par son mari, elle vit recluse.Obsession maladive de la virginité – "une fille dont l'hymen est déchiré, c'est comme un objet usagé", a-t-on coutume dire aux jeunes musulmanes –, mariages transformés en viols, réclusion à perpétuité, excision... Ayaan Hirsi Ali dresse dans ce livre un rapport rationnel – d'autant plus terrible – et sans concessions sur la situation de la femme de confession musulmane. S'appuyant notamment sur des témoignages et des cas concrets, elle s'engage contre les violences conjugales subies par les femmes, même quand, issues de l'immigration, elles vivent en Europe, et ce en violation flagrante de la législation européenne. "Ce dont la culture musulmane a besoin, c'est de livres, de séries, de poésies et de chansons qui montrent ce qui se passe vraiment et se moquent des préceptes de la religion." Esquisses de solutions? Pour Ayaan Hirsi Ali, le salut passe par l'autocritique, le rire, la parodie."Insoumise" est le réquisitoire d'une femme libre et courageuse.

Née en Somalie en 1969, excisée à l’âge de 5 ans, cette femme est scolarisée dans un lycée musulman pour filles. Soumise à ses parents, à son clan et à sa religion jusqu’à l’âge de vingt-trois ans, elle profite d’un passage dans sa famille en Allemagne, pour s’enfuir et échapper à un mariage forcé.

Réfugiée aux Pays-Bas, elle adopte les valeurs libérales occidentales au point de devenir une jeune députée à La Haye et de s’affirmer athée. Pour avoir travaillé dans les services sociaux du royaume, elle connaît, de l’intérieur, les horreurs tolérées à l’encontre des femmes au nom du multiculturalisme.

Son combat contre l’emprise de l’islam a pris un tour tragique depuis le 2 novembre 2004, date de l’assassinat par un radical islamiste du cinéaste Theo Van Gogh, coauteur avec elle du film « Soumission ».

Obligée de fuir les Pays-Bas, Ayaan Hirsi Ali a trouvé asile aux USA.
Elle soutient que l’islam est incompatible avec les principes de la démocratie.

Extraits traduits d’une interview de Ayaan Hirsi Ali dans le magazine Reason :

Reason :Devrions-nous reconnaître que la religion a parfois déclenché des mouvements d’émancipation qui pourraient faire entrer l’islam dans la modernité ? Par exemple, l’esclavage aux Etats-Unis a été combattu par les catholiques. L’église polonaise a contribué à la défaite de Jaruzelski… Pensez-vous que l’islam pourrait être à l’origine de changements politiques et sociaux similaires ?

Hirsi Ali : Uniquement si l’islam est vaincu. Car actuellement, c’est le versant politique de l’islam, expansionniste et avide de pouvoir, qui a pris le dessus sur le soufisme et l’islam «pacifique».

Reason :Voulez-vous dire si l’islam radical est vaincu ?

Hirsi Ali : Non. L’islam tout court. Une fois qu’il sera vaincu, il pourra muter en quelque chose de pacifique. Il est extrêmement difficile de parler de paix actuellement. La paix ne les intéresse pas.

Reason :Voulez-vous dire qu’il faudrait écraser 1,5 milliards de musulmans ? Que voulez-vous dire quand vous dites qu’il faut «vaincre l’islam» ?

Hirsi Ali : Je pense que nous sommes en guerre contre l’islam. Et qu’il n’y a pas de demi-mesure dans la guerre. L’islam peut-être vaincu de différentes manières. Tout d’abord, il faut arrêter de répandre l’idéologie elle-même. Actuellement, il existe des occidentaux qui se convertissent à l’islam ; ce sont parfois les plus fanatiques. Il existe également une infiltration de l’islam dans les écoles et dans les universités. Il faut que cela soit stoppé. Il faut interdire que les symboles et les effigies [ndlr : drapeaux, croix etc…] soient brûlés. Il faut regarder les musulmans dans les yeux, bander ses muscles et dire : «Ceci est un avertissement. Nous n’acceptons plus cela». Il vient un moment où un ennemi doit tout simplement être écrasé.

Reason : Militairement ?

Hirsi Ali : De toutes les façons possibles. Et si vous ne le faites pas, il vous faudra vivre alors en vous apprêtant à être écrasé.

Reason : Allons-nous réellement vers quelque chose de si terrible ?

Hirsi Ali : Oui, je pense que c’est vers cela que nous allons. Parce que l’Occident est dans le déni de la réalité depuis longtemps. Il n’a pas répondu à certains signaux qui étaient moins forts et plus faciles à traiter. Il faut maintenant faire des choix. Voila le dilemme : l’Occident est une célébration de la vie, de la vie de tout le monde, même de celle de ses ennemis. Comment pouvez-vous être à la fois fidèle à cette philosophie et en même temps vous défendre contre un ennemi puissant qui cherche à vous détruire ?

Reason: George Bush, qui n’est pas la personne la plus conciliante que l’on connaisse, a déclaré à maintes occasions que nous ne sommes pas en guerre contre l’islam.

Hirsi Ali : Si l’homme le plus puissant de l’Occident déclare cela, alors, sans le vouloir, il laisse les islamistes radicaux penser qu’ils ont déjà gagné. Il n’existe pas d’islam modéré. Il existe des musulmans passifs, qui ne suivent pas toutes les règles de l’islam, mais il n’y a bien qu’un seul islam, défini comme la soumission à la volonté de Dieu. Et il n’y a rien de modéré en cela.

Reason: Et lorsque même un critique de l’islam aussi virulent que Daniel Pipes déclare : «L’islam radical est le problème, mais l’islam modéré est la solution », a-t’il tort ?

Hirsi Ali : Il a tort. Désolé. (…)

Reason :En Hollande, vous vouliez introduire un permis spécial pour les écoles islamiques.

Hirsi Ali : Je voulais que ces écoles disparaissent. Je voulais qu’elles soient fermées, mais mon parti a dit que cela ne serait pas voté. Les dirigeants m’ont dit en privé qu’ils étaient d’accord avec moi, mais que nous n’obtiendrions pas de majorité. Ça n’a pas abouti.

Reason : Votre proposition allait à l’encontre de la constitution hollandaise qui garantie la liberté d’enseignement des mouvements religieux. Vous battriez-vous de nouveau contre cela ?

Hirsi Ali : Absolument.

Reason: Et ici aux USA, vous militez pour l’interdiction…

Hirsi Ali : l’interdiction de toutes les écoles musulmanes. Fermez-les. Cela semble extrémiste, je sais. Il y a 10 ans, les choses étaient différentes, mais maintenant le génie jihadiste est sorti de la bouteille. J’ai dit la même chose en Grande-Bretagne et en Australie, et on me répond toujours : « la constitution ne l’autorise pas ». Mais d’où viennent ces constitutions ? Il n’existait aucune école musulmane quand ces constitutions ont été rédigées. Il n’y avait pas de jihadistes. Ils ne pouvaient même pas y penser.

Les constitutions occidentales ne sont pas infaillibles. Elles sont le produit de la raison et la raison nous enseigne que l’on ne progresse que quand on analyse la situation et que l’on agit en conséquence. Aujourd’hui, les circonstances sont différentes, la menace est différente. Les constitutions peuvent être adaptées. Et parfois elles le sont. La constitution américaine a été amendée plusieurs fois. Les constitutions ne sont pas comme le coran, non négociables, intangibles et figées.

Je suggère de fermer les écoles musulmanes. Vous me répondez «non, ça n’est pas possible». Le problème que je pointe du doigt devient de plus en plus massif. Vous me dites alors «OK, nous allons les décourager d’en ouvrir.» Et malgré cela, le problème continue de prendre de l’ampleur. Et dans quelques années, la situation sera si mauvaise que vous prendrez la décision que je préconisai. Mais trop tardivement (…)

Reason : Pensez-vous que les musulmans sont mieux intégrés aux USA qu’en Europe ?

Hirsi Ali : (…) Oui, j’ai l’impression que les musulmans sont beaucoup mieux intégrés ici qu’en Europe. Être assimilé ne veut pas dire que vous ne deviendrez pas jihadiste, mais la probabilité semble beaucoup moins forte qu’en Europe.

Tout d’abord, aux USA, il n’y pas réellement d’État providence. En Hollande, Mohammed Bouyeri avait tout le temps nécessaire pour préparer le meurtre de Theo Van Gogh. Aux États-Unis, les musulmans doivent trouver du travail. Ce qui pousse les gens à s’assimiler ici, c’est parce que c’est cela qu’on exige d’eux. Les gens ne sont pas chouchoutés par le gouvernement et les allocations.

Il existe une forte culpabilité aux États-Unis, mais elle est liée aux noirs américains et aux indiens, pas aux musulmans ou aux autres immigrés. L’américain moyen ne fait pas de différence entre les immigrés, qu’ils viennent de Chine, du Vietnam ou de pays musulmans.

La culpabilité en Europe est très différente. Elle se réfère au colonialisme, à l’apartheid en Afrique du Sud, à l’holocauste… La situation est beaucoup plus complexe, et les européens sont plus réticents quand il s’agit de dire «non» aux immigrés.

Les immigrés musulmans ne sont pas venus en Europe avec l’idée de s’assimiler : ils sont d’abord venus pour travailler, gagner de l’argent et repartir. Les générations suivantes sont venues non pas pour travailler mais pour profiter de l’État-providence et des allocations de toutes sortes. L’assimilation ne les préoccupe pas vraiment. (…)

Reason: le mot «tolérance» est probablement l’un des plus importants pour définir la façon dont les Hollandais se voient eux-mêmes. Cela fait qu’il est très facile quand l’on est critiqué de se dire victime d’intolérance, et de là, discriminé, ou victime d’islamophobie, ou de racisme…

Hirsi Ali : Il faut revenir au sens premier du mot « tolérance». Il signifiait que l’on pouvait être en désaccord, mais sans recourir à la violence. Cela impliquait une réflexion critique sur soi, cela ne voulait pas dire tolérer l’intolérance. Cela signifiait aussi un haut degré de liberté individuelle.

Puis les musulmans sont arrivés. Et ils n’avaient pas grandi avec cette compréhension de la tolérance. Très vite, la tolérance s’est retrouvé redéfinie par le «multi-culturalisme» et l’idée que toutes les cultures et toutes les religions sont égales.

Cela a créé de grandes attentes parmi les musulmans. On leur a dit qu’ils pouvaient conserver leur propre culture, leur religion etc… Et le vocabulaire s’est rapidement transformé et désormais, si vous critiquez une personne de couleur, vous êtes raciste, et si vous critiquez l’islam, vous êtes islamophobe.

Reason : Le corollaire du mot «tolérance» est probablement «respect». Le supposé manque de respect est devenu un abcès de fixation entre l’islam et l’Occident. (…) Pensez-vous que c’est cela que les musulmans veulent réellement, du respect ?

Hirsi Ali : Cela n’a rien à voir avec le respect. Cela a à voir avec le pouvoir. L’islam est une idéologie politique. Mais je pense qu’en réalité, le problème n’est pas l’islam. C’est l’Occident le problème. L’Occident est persuadé que son système est invincible, que tout le monde se modernisera de toute façon, que ce que l’on voit dans les pays musulmans est une demande de respect. Ou que c’est à cause de la pauvreté, ou de la colonisation, ou que sais-je encore…

Cette idée occidentale qui veut que si nous les « respectons », ils nous respecterons, que si nous sommes conciliants ou accommodants, le problème disparaîtra, est un leurre.

Le problème [de l’islam] ne disparaitra pas. Affrontez-le, où il deviendra de plus en plus massif.

Abel, mon fils, ma bataille

Abel, mon fils, ma bataille
Abel, mon fils, ma bataille

Abel Chennouf, jeune caporal de vingt-cinq ans du 17e RGP de Montauban, est abattu d'une balle dans le dos, le 15 mars 2012. On conclut un peu vite à un meurtre raciste, inspiré par l'extrême droite, sans voir que les autres cibles de l'assassin sont toutes militaires. Quand de nouveaux crimes de sang-froid frappent une école juive, la France entière manifeste son émoi, l'enquête s'accélère et l'on met un nom sur le coupable, un certain Mohamed Merah. Non seulement on ne réussit pas à l'arrêter mais, lorsqu'on finit par le cerner, il est tué avant d'avoir pu parler.
Depuis ce 22 mars 2012, le père d'Abel, Albert Chennouf-Meyer, se bat pour que la vérité éclate, au nom de la mémoire de son fils qui aurait dû être papa deux mois plus tard, mais aussi des autres victimes de Merah. Car de nombreuses questions restent en suspens. Pourquoi tant de dysfonctionnements dans le suivi du jeune djihadiste, pourtant repéré plusieurs mois avant les faits par la DCRI, dirigée alors par l'incontournable Bernard Squarcini ? Comment le siège de l'appartement du tueur a-t-il pu conduire à un tel fiasco ? Pourquoi l'État, qui avait assuré les familles de son soutien, refuse-t-il de reconnaître ses responsabilités et s'entête-t-il à ne pas diffuser certains documents classés « Secret Défense » ?
Un an après la tragédie, le témoignage bouleversant d'un père blessé qui ne craint plus rien, bien décidé à mener la lutte jusqu'au bout. Y compris par une plainte visant l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy.

mercredi 1 avril 2015

La régression intellectuelle de la France

La régression intellectuelle de la France
La régression intellectuelle de la France

La France est en phase de régression intellectuelle, parce que la vie scientifique suppose la liberté totale de critique et que cette liberté n'existe plus dans le pays. L'auteur analyse notamment les lois de censure (loi Gayssot, loi sur la HALDE, lois dites « mémorielles »...) qui exposent à l'amende ou à la prison ceux qui osent dire certaines vérités contraires à l'orthodoxie régnante ou seulement aborder certains sujets tabous. La thèse est qu'une nouvelle religion, protégée par de nouveaux tribunaux d'Inquisition, règne au pays de Voltaire et de Beaumarchais, le rendant aveugle et incapable de penser scientifiquement son avenir.
Philippe Nemo, né en 1949, est un philosophe et un historien des idées politiques français, professeur de philosophie à l'École supérieure de commerce de Paris — Europe de tendance néo-libérale. Ses domaines de recherches vont du libéralisme (notamment Friedrich August Hayek dont il est le principal promoteur français) et de l'idée d'Occident, à l'étatisme et à l'idée nationale de république. Il a aussi publié des études sur les problèmes contemporains de l’éducation et de la pédagogie auxquels il propose des solutions libérales: privatisation, mise en concurrence des établissements.

Ils ont acheté la presse : Pour comprendre enfin pourquoi elle se tait, étouffe ou encense

Ils ont acheté la presse
Ils ont acheté la presse

À force d'être si proche du pouvoir, la presse n'est plus un contre-pouvoir crédible.
Gavée de subventions publiques et de privilèges fiscaux, la presse est épargnée par l'effort de solidarité imposé à tous. Un favoritisme d'État (les contribuables versent plus de 5 000 euros de subvention par mois et par journaliste...) dont la presse bien sûr ne parle pas, mais dont ce livre dresse un bilan alarmant.
Vigilante sur toute proximité avec les sarkozystes, la presse a accepté de devenir capitalistiquement proche du pouvoir socialiste, s'étant vendue sans états d'âme à des financiers (il est vrai qu'ils s'affichent «de gauche»). En étudiant notamment de près la reprise du Monde par le trio Pigasse-Bergé-Niel, et en revenant sur la gestion du Nouvel Observateur par Denis Oliveraies, avec aussi un éclairage sur Médiapart ou le Huffington Post d'Anne Sinclair, on découvre avec effarement les coulisses d'une presse embourbée dans ses contradictions, ses compromissions, ses oeillères et ses mensonges.
La presse a renoncé à être le quatrième pouvoir, pour mieux se fondre dans le cinquième pouvoir : celui de vastes réseaux mondialisés, mêlant hommes d'affaires, financiers, médias et politiques, agissant et décidant en toute discrétion, parallèlement aux structures démocratiques devenues impuissantes.
Une enquête fouillée de plus de deux ans, un voyage édifiant et instructif sans parti pris, sans tabous, sans langue de bois dans les coulisses, où l'on croise les membres du Siècle (le plus grand groupe d'influence français), les Young Leaders Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, le Bilderberger Manuel Valls, le German Marshall Fund, financera : américain de Terra Nova, organisateur des Primaires du Parti Socialiste... et où l'on découvre les stupéfiantes conditions de nomination de l'inconnu Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen.
Ne reste-t-il qu'Internet pour disposer d'une information non formatée, plurielle et de vrais débats contradictoires loin de tous ces conflits d'intérêts et de ces magouilles devenus répulsifs aux lecteurs ?

L'auteur : Benjamin Dormann, 50 ans, a été journaliste dans la presse financière, puis trésorier d'un parti politique et candidat à des élections européennes et législatives. Diplômé d'un MBA en finance de l'université de Chicago, il est depuis seize ans associé d'un cabinet de consultants indépendants, spécialisé en gestion de risques et en crédit aux entreprises, et président exécutif d'une structure internationale active dans trente-huit pays.